Contexte mondialisé : les limites du cartésianisme

L’esprit cartésien a permis depuis plusieurs siècles un développement scientifique et technologique sans précédent. Il a également permis de mettre en place des structures politiques et sociales relativement efficaces. Mais il semble que le monde actuel, complexe, multipolaire, mouvant, incertain, rapide, interconnecté, nous montre les limites de cette tournure d’esprit linéaire, analytique, systématique. Et d’une certaine façon, la montée en puissance des pays émergents, plus intuitifs, en est un bon exemple.

Pour opérer efficacement, l’esprit cartésien a besoin :

  • d’un environnement stable, d’hypothèses claires, identifiables, et figées, où les causes et les effets peuvent être facilement isolés
  • de temps pour analyser, décortiquer, évaluer, calculer
  • de certitudes, pour pouvoir construire un raisonnement logique et rigoureux.

Et il devient inopérant si ces conditions ne sont pas réunies. De plus, la linéarité de la pensée cartésienne semble inadaptée dans l’approche de situations trop complexes et instables :

  • modélisation difficile ou ne reflétant que trop partiellement la réalité du terrain. Simplification extrême.
  • Séquencement des taches qui ne répond pas toujours au besoin de gérer plusieurs taches à la fois
  • Difficulté de revenir en arrière en cas de changement (rigidité)
  • lenteur d’analyse

En comparaison, l’esprit intuitif peut appréhender (capturer, embrasser!) une réalité plus complexe, moins délimitée, plus floue, de façon quasi-instantanée.

Ce billet ne vise nullement à disqualifier la pensée cartésienne, très utile dans nombre de situations. C’est simplement une invitation à ré-équilibrer notre façon de penser en acceptant une certaine dose de souplesse et d’intuition dans note approche de la réalité, et en particulier dans l’éducation et dans le fonctionnement des entreprises.

Un autre aspect sera aussi développé dans un autre article : en faisant de la Nature un objet d’étude, le cartésianisme a boulversé la relation des hommes avec elle : autrefois objet de célébration et de respect, elle est aujourd’hui ramené au statut d' »objet ».

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