Universalisme français : à manier avec précaution !

La France a une forte vocation à l’universalisme.

Depuis les croisades chrétiennes jusqu’au colonialisme, en passant par la déclaration universelle des droits de l’homme, notre pays a souvent témoigné un intérêt particulier pour étendre au-delà de nos frontières nos valeurs et notre vision du monde. Aujourd’hui encore, nous nous posons souvent en « donneur de leçons » sur des thèmes comme les droits de l’homme et la démocratie.

Cette attitude peut être considérée comme louable si elle procède d’une volonté de partager – sans imposer – nos plus belles trouvailles avec nos voisins. Mais elle comporte une grande part de naïveté et d’arrogance si elle est menée de façon trop volontariste et sans discernement. En projetant nos préférences sur d’autres pays, le plus souvent au mépris des spécificités du contexte culturel local, nous jouons au coq orgueilleux…Qui plus est, cet universalisme sert parfois de couverture plus ou moins consciemment à une forme de néo-colonialisme : de beaux discours sont utilisés comme couverture « marketing » pour justifier des interventions servant des intérêts bien moins nobles.

Cette attitude peut agacer au-delà de nos frontières :

  • D’abord aux Etats-Unis, également universalistes, en raison de la rivalité franco-américaine dans la promulgation et la diffusion de valeurs.
  • En Chine, toute velléité d’intervention extérieure est condamnée au nom du principe de non- ingérence. Entre autres, l’engagement de la France en Lybie a été très mal perçue. Il faut aussi garder à l’esprit que de nombreux pays ont subi de la violence colonisatrice de l’Occident, et n’ont aucune envie de recevoir de nouvelles « lecons » moralisatrices.

En conclusion, il semble sain que la France joue son rôle au plan international, et participe à la dynamique de progrès éthique de la planète. Mais sans doute a t-elle intérêt à le faire avec la plus grande humilité !

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