Perception de l’échec : France – USA – Chine

Si l’échec est relativement mal vécu en France, ce n’est pas le cas de toutes les cultures.

USA et pays anglo-saxons : l’échec est considéré de façon plutôt positive. Échouer est synonyme d’expérience.

« Le succès consiste à aller d’échecs en échecs sans perdre son enthousiasme » (Winston Churchill)
« L’échec fait tomber le perdant, et inspire le gagnant » (Robert Kisosaki)
« L’échec, ‘est l’épice qui donne sa saveur au succès » (Truman Capote)

Cette attitude a en particulier pour origine la culture protestante, plus orientée sur la parabole des talents. Celui qui est rejeté, c’est celui qui n’a pas essayé. Et celui qui n’a pas essayé, on l’encourage. Cette attitude est favorisée dès l’éducation, qui est axée sur l’encouragement à essayer par soi-même, pour favoriser l’éclosion de la spécificité propre à chaque individu, et de ses talents. Dans les start-up américaines, un adage dit que « celui qui a échoué 2 fois est mieux armé pour leu lancement d’une troisième entreprise » !

En Chine, l’échec n’est pas autant stigmatisé qu’en France.

« l’important n’est pas de ne pas échouer mais de s’élever à chaque fois que l’on échoue » (Confucius)
« L’échec est la mère du succès »
« La Chute n’est pas un échec : l’échec, c’est de rester là ou on est tombé »

Ces citations font écho à la persévérance et la ténacité asiatiques. Pas d’apitoiement. L’échec est souvent passé sous silence, par respect de la Face. Les asiatiques ont plutôt une culture du rebond. Quand ils rencontrent une difficulté, ils font leur maximum pour contourner l’obstacle. Qu’un entrepreneur échoue, il se lance rapidement dans une autre affaire.

Une autre piste explicative : les asiatiques conçoivent plus le monde comme un éternel changement (Taoisme, Bouddhisme). Les cycles alternant succès et échec sont considérés comme naturels. Une chanson populaire chinoise fait d’ailleurs du succès et de l’échec les 2 pièces d’une même médaille : 成功或失败都有一些错 (« Succès ou échec ont tous deux quelque chose d’illusoire »)

Enfin, l’échec est aussi perçu comme une invitation à l’introspection : « L’archer a un point commun avec l’homme de bien. Quand la flèche n’atteint pas le centre de la cible, il en cherche la cause en lui-même ». (Confucius)

Finalement, l’échec n’est mal vécu que s’il s’accompagne d’une perte de face ou une humiliation publique, ce qui et une des pires situations pour un asiatique.

Concernant la France, quelques pistes concernant la mauvaise acceptation de l’échec :

  • l’échec est relativement mal perçu, souvent stigmatisé. Celui qui échoue est souvent étiqueté.
  • C’est aussi la tendance à planifier qui accentue le constat d’échec. Les cultures qui planifient moins stigmatisent moins le décalage entre l’intention initiale et le résultat obtenu.
  • Vision linéaire du temps –> un échec constitue un faux pas irréversible (ce qui n’est pas le cas dans les cultures cycliques).
  • Culpabilité (héritée de la tradition judéo-chrétienne) et perte d’estime de soi
  • En terme entreprenariaux, les démarches suite à un échec ne facilitent pas le rebond (passage au tribunal de commerce, liquidation, etc)
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