Le conte de l’éléphant (ci-dessous) est un classique de la sagesse bouddhiste. Il illustre la relativité de tout point de vue, et le fait que tout façon de voir apparemment différente ou adverse est toujours complémentaire de la nôtre.

Ce conte nous enseigne que notre point de vue n’est jamais la Réalité, mais seulement l’une de ses multiples facettes. Prendre connaissance de la facette perçue par les autres est toujours un enrichissement, et une invitation à l’humilité : « ma vérité n’est pas LA Vérité »

Cette réalisation est apparemment évidente, mais pas toujours facile à appliquer en pratique : lorsque quelque chose nous parait important, il est est parfois extrêmement frustrant, voire même incompréhensible, que les autres ne partagent pas notre avis ! Et pourtant, le monde est ainsi fait, puisque chacun de nous voit le monde à travers un filtre spécifique !

Nous avons si souvent tendance à caricaturer des positions différentes des nôtres, pour satisfaire notre besoin – quasi-compulsif – d’avoir raison. Mais ne nous y trompons pas : en fermant la porte à l’avis de notre interlocuteur, ce n’est pas lui mais bien nous-mêmes qui sommes pénalisés : nous nous privons d’une opportunité de découvrir de nouvelles ressources pour éclairer notre expérience.

C’est là le fondement de la démarche de Planète Cultures. C’est aussi une invitation à sortir de notre mode de pensée souvent discriminant, qui divise, oppose, sélectionne…pour adopter un regard plus inclusif, afin de trouver les meilleures synergies possibles entre les cultures, et prendre le meilleur de chaque approche.

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Le conte de l’éléphant

 Un jour de grand soleil,
Six aveugles originaires de l’Hindoustan,
Instruits et curieux,
Désiraient, pour la première fois,
Rencontrer un éléphant
Afin de compléter leur savoir…
 Le premier s’approcha de l’éléphant
Et, alors qu’il glissait
Contre son flanc vaste et robuste,
Il s’exclama : « Dieu me bénisse,
Un éléphant est comme un mur ! ».
 Le deuxième, tâtant une défense
S’écria « Oh ! Oh !
Rond, lisse et pointu!
Selon moi, cet éléphant
Ressemble à une lance ! »
 Le troisième se dirigea vers l’animal,
Pris la trompe ondulante
Dans ses mains et dit :
« Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ».
 Le quatrième tendit une main impatiente,
Palpa le genou
Et fut convaincu qu’un éléphant
Ressemblait à un arbre !
 Le cinquième s’étant saisi par hasard de l’oreille, dit :
« Même pour le plus aveugle des aveugles,
Cette merveille d’éléphant
Est semblable à un éventail ! »
 Le sixième chercha à tâtons l’animal
Et, s’emparant de la queue qui balayait l’air,
Perçu quelque chose de familier :
« Je vois, dit-il, l’éléphant est comme une corde ! »
 Alors, les 6 aveugles
Discutèrent longtemps et passionnément,
Tombant chacun dans un excès ou un autre,
Insistant sur ce qu’il croyait exact.
 Ils semblaient ne pas s’entendre,
Lorsqu’un sage, qui passait par-là,
Les entendit argumenter.
 « Qu’est-ce vous agite tant ? » dit-il.
« Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord
Pour dire à quoi ressemble l’éléphant ! »
« Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord
Pour dire à quoi ressemble l’éléphant ! »Et chacun d’eux lui dit ce qu’il pensait à ce sujet.
Le sage, avec son petit sourire, leur expliqua :
« Vous avez tous dit vrai !
Si chacun de vous décrit l’éléphant
Si différemment,
C’est parce que chacun a touché
Une partie de l’animal très différente !
L’éléphant à réellement les traits
Que vous avez tous décrits. »

« Oooooooh ! » exclama chacun.
Et la discussion s’arrêta net !
Et ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité,
Car chacun détenait une part de vérité.

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